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Les attaques contre les civils à Beni et Ituri doivent cesser !

Kavira Kavunga Euphrasie est une femme mariée de 32 ans habitant le village de Mayimoya ; territoire de Beni en Province du Nord Kivu. Cette mère de deux enfants est également enseignante à l'Institut Mbingi situé dans son village. Le mardi 01 Juin 2021 tôt le matin, Kavira Kavunga Euphrasie s'est rendue comme d'habitude à son lieu de travail habituel. La jeune enseignante n'est jamais revenue. Des assaillants armés identifiés aux ADF (Allied Democratic Forces) par les autorités ont attaqué son village et l'ont tué vers 10heure locale dans la cour de l'école où elle enseignait. 4 autres civils ont été tués au cours de la même attaque.Au moins 42 élèves de l'Institut Mbingi et des écoles primaires Toda, Liva et Huruma ont également été enlevés par les assaillants, avant d'être abandonnés le lendemain au village ChaniChani, situé à 18 km à l'ouest de Mayimoya. Une dizaine de civils seraient toujours en captivité. Depuis 2014, des tueries de masse, des enlèvements, des pillages et des destructions des biens ont été enregistrés en territoire de Beni, Province du Nord Kivu et dans une partie de la Province de l'Ituri. Au moins 108 civils ont été tués en territoire de Beni et en province de l'Ituri en seulement 6 jours soit du 26 mai au 1 juin 2021.

Le CREDDHO condamne fermement l'attaque du 01 juin 2021 au village de Mayimoya. Nous rappelons que les attaques armées contre les civils sont interdites par l'article 13 du Protocole additionnel II aux Conventions de Genève relatives à la protection des victimes des conflits armés non internationaux et constituant un crime de guerre. Bien plus, l'enlèvement d'enfants et les attaques dirigées contre les écoles constituant des violations graves des droits des enfants en situation de conflit armé. Ces atrocités doivent être stoppées et punies .

Le CREDDHO est fortement préoccupé par la recrudescence des attaques contre les civils dans la région de Beni en province du Nord et en territoire d'Irumu et Djugu en province de l'Ituri, et ce malgré l'état de siège décrété dans ces deux provinces depuis le 06 mai 2021. Nous appelons de ce fait :

1.     Les Services de Sécurité Congolais et la MONUSCO  : à mener des opérations militaires fortes afin d'assurer la protection des civils dans cette zone et neutraliser les bandes armées qui insécurisent la population ;

2.     Les instances judiciaires nationales et internationales  : à mener une enquête indépendante, impartiale, transparente et rapide pour établir les faits et les responsabilités sur les tueries, les enlèvements, les destructions et les pillages perpétrés dans la région de Beni et en Ituri, depuis 2012 et ainsi déclencher un processus de justice et de réparation.

Fait à Goma, le 03 Juin 2021

Le CREDDHO

 

Nos contacts Presse : +24398577859, +243854343370, This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it.  

Mettre les femmes au centre de la lutte contre la COVID 19

 

Dans le souci de couper la chaîne de propagation de la pandémie de Corona Virus dans les sites miniers de la province du Nord Kivu en République Démocratique du Congo, le Centre de Recherche sur l'Environnement, la Démocratie et les droits de l'Homme, CREDDHO en sigle, a organisé du 26 mai au 28 mai 2021 un atelier de formation sur la lutte contre la propagation de la COVID-19.

Cette séance d'échange de trois jours qui a eu lieu au Centre de Santé de Rubaya a porté sur les notions générales sur la COVID 19 ainsi que les techniques de sensibilisation. Elle a réuni 35 participants, essentiellement des femmes engagées dans la promotion de la santé communautaire, la promotion de l'autonomisation économique de la femme et la défense des droits des femmes.

Définition, symptomatologie, prévention et traitement de la COVID 19

Le premier thème, développé par l’infirmier titulaire du centre de santé Rubaya, a porté sur les informations générales sur la COVID-19. Après avoir dressé l’historique de cette pandémie et la situation épidémiologique aussi bien en RDC que dans le monde, le facilitateur est revenu largement sur la définition et la symptomatologie de la COVID 19, les mesures de prévention de la COVID 19, la prise en charge médicale des patients de la COVID 19 ainsi que l’organisation de la vaccination contre la COVID.

Parlant de la définition et de la symptomatologie de la COVID 19, le facilitateur a précisé que la COVID-19 est une maladie provoquée par une nouvelle souche de coronavirus et qui se transmet principalement par contact direct avec les gouttelettes respiratoires produites par une personne infectée mais aussi à travers les objets souillés. Les principaux signes présentés par la personne infectée sont la forte fièvre, la toux et l’essoufflement. Les patients de la COVID 19 peuvent présenter d’autres signes sécondaires notamment Le mal de gorge, la Rhinorrhée (nez qui coule), la Congestion nasale (nez bouché), le trouble olfactif ou gustatif (diminution ou perte de l’odorat ou du goût), la nausée ou vomissements, la diarrhée, les douleurs abdominales persistantes, … Le facilitateur a ainsi invité les participants à orienter vers le centre de Santé de Rubaya les personnes présentant ces signes afin qu’elles soient testées gratuitement et le cas échéant soignées sans frais.

Parlant de la prise en charge des patients de la COVID 19, le facilitateur a fait savoir qu’elle est gratuite et se fait dans un pavillon spécifique implanté au centre de santé. Il a fait savoir qu’il n’existe jusque-là aucun médicament promoteur face à la COVID 19 mais que les patients positifs reçoivent un traitement symptomatique. Le manque d’un antiviral spécifique pour le traitement de la COVID 19 est un appel au respect des mesures préventives notamment s’éloigner des autres personnes quand on est malade, se couvrir la bouche et le nez avec le pli du coude ou un mouchoir en cas de toux ou d’éternuement, se laver fréquemment les mains avec de l’eau et du savon ou la cendre, porter un masque, nettoyer fréquemment les surfaces et les objets que l’on touche et se faire vacciner.

Revenant sur la vaccination contre la COVID 19, le facilitateur a fait savoir que le vaccin d’usage dans notre pays est l’Astrazenenca. Les personnes ayant un accès prioritaire au vaccin sont les professionnels de santé et d’autres travailleurs sociaux, les personnes vivant avec les maladies chroniques et les personnes de troisième âge (55 ans et plus). Certaines personnes ne sont tout de même pas éligible au vaccin notamment les personnes âgées de moins de 18 ans, les personnes ayant des antécédents des réactions allergiques ainsi que celles qui ont manifesté un choc anaphylactique lors de l’administration de la première dose.

Une séance de questions-réponses à l’issue de l’exposer a permis d’éclairer les zones d’ombres des participants et de récolter leurs multiples recommandations quant à la conduite de la riposte contre la COVID 19 en RDC. Il a notamment été relevé l’absence du vaccin contre Corona à Rubaya, la limitation forte de la liste de personnes éligibles au vaccin ainsi que le manque de bonnes informations sur la COVID 19 dans la communauté.

 

Communication sur la santé

La COVID-19 étant une maladie contagieuse, son éradication complète nécessite la compréhension et l’engagement de tous les membres de la communauté. De ce fait, les notions apprises sur la COVID 19 doivent non seulement être mise en pratique par les participants mais aussi et surtout être répercutées dans leur milieu de vie habituel. D’où l’importance d’échanger avec les participants sur les techniques de sensibilisation adaptées au contexte de Rubaya.

Comprise comme l’action de rendre une personne sensible, réceptive, active et attentive à quelque chose pour laquelle il n’avait aucune attention auparavant, la sensibilisation, poursuit un objectif de changement qui se situe aussi bien sur le plan individuel que collectif. Dans une démarche interactive, le facilitateur a fourni pas mal d’astuces, des conseils, des moyens, des outils et des orientations à utiliser susceptible de rendre plus efficace une session de sensibilisation. Les participants ont ensuite décrit une liste d’outils et des techniques de sensibilisation pouvant permettre de mobiliser largement la population de Rubaya dans la lutte contre la propagation de la COVID 19. Il s’agit de l’utilisation des outils audio visuels, de la sensibilisation de masse avec distribution des feuillets/dépliants, de l’affichage des panneaux éducatifs, de l’utilisation des médias et de la sensibilisation porte à porte.

A l’issue de l’atelier, les participants ont pris l’engagement de respecter les mesures de prévention contre la COVID 19 et de contribuer à démonter la forte désinformation perceptible dans la communauté au sujet de cette maladie. Ils se sont également engagés à accompagner les efforts mis en œuvre par les autorités sanitaires et leurs partenaires dans le combat contre la propagation de la pandémie de Corona Virus à Rubaya. Un accompagnement du CREDDHO et d’autres partenaires dans la promotion de la santé a été sollicité en vue de matérialiser un plan de sensibilisation efficace sur la COVID 19 à Rubaya.

En raison de la forte promiscuité, du faible accès à l'eau, à l'information sanitaire et aux soins de santé, les zones minières sont élargies face à différentes maladies. Les femmes et les enfants, souvent mis en marge des programmes de santé publique, sont encore plus exposés. Avec l'accompagnement financier de Extractives Global Programmatic Support (EGPS), financé par la Banque Mondiale, le CREDDHO s'emploie à contribuer à la lutte contre la propagation du virus Corona dans les sites miniers, notamment à Rubaya en s'affichant le système de Santé local dans l'éducation sanitaire, le renforcement des équipements de prévention face à la COVID 19 et l'autonomisation économique des communautés locales.

Binza : les Communautés locales et les gestionnaires du Parc National des Virunga s’engagent à collaborer pour mieux protéger cette aire protégée

Sous la facilitation du CREDDHO, un atelier d'échange sur la résolution pacifique des conflits, les principes de la médiation foncière et la conservation communautaire a réuni pendant deux jours (19 et 20 mai 2021), les leaders communautaires, chefs coutumiers, cadres administratifs de base et gestionnaires du Parc National des Virunga du groupement de Binza à Nyamilima. 

À l'issue des échanges passionnants entre les différents participants, ils ont pu relever la nécessité de prendre en compte les voies consensuelles et non violentes de gestion des conflits aussi bien dans la vie courante que dans les différends qui les opposent à l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature autour de la gestion des Ressources Naturelles du Parc National des Virunga. A l'occasion de cet atelier, une cartographie actualisée des conflits opposant les gestionnaires du Parc national des Virunga aux populations de Binza a été dressée par les participants. Ils ont notamment pointé le manque de consensus autour des vraies limites du Parc National des Virunga, l'absence des projets de développement résultant des retombées de la conservation en faveur de la population, la forte méfiance entre les communautés riveraines et les gestionnaires du parc, la destruction des cultures de la population par les animaux venant du parc et l'insécurité forte dans/autour du Parc. Une feuille de route retraçant des actions prioritaires à mener en vue de contribuer à promouvoir une conservation participative du parc national a été adoptée. Un comité local de dialogue a été institué par les participants en vue de mettre en œuvre cette feuille de route et promouvoir le rapprochement, la collaboration et la confiance entre les populations riveraines du parc et les gestionnaires des aires protégées pour une conservation efficace du PNVI. Une déclaration a été signée et lu par les participants pour manifester leur nouvel engagement et volonté à œuvrer ensemble à résoudre pacifiquement le conflit, 

Cette rencontre est une première en groupement de Binza depuis les mécontentements communautaires relevés dans cette zone en rapport avec la délimitation du Parc. Il a permis de se réunir autour d'une même table les leaders communautaires du groupement Binza et quelques responsables du parc national des Virunga, brisant ainsi la glace de la méfiance entre les deux parties. Ce cadre a également permis aux populations d'être édifiés par l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature sur la conservation Communautaire et la stratégie adoptée à son niveau pour la matérialisation en faveur des populations du groupement Binza. Un excellent début pour la consolidation de la cohabitation pacifique entre les deux parties et de la conservation participative du Parc National des Virunga.

Depuis plusieurs années, le groupement de Binza est en proie aux conflits armés qui insécurisent la population et compromettent les efforts de conservation. La zone connait également un conflit entre la population et l'institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) au sujet des limites du Parc National des Virunga et à une faible participation communautaire à la conservation de cette importante aire protégée. À travers ses activités de recherche, de plaidoyer et d'éducation environnementale, le CREDDHO, avec le soutien financier et technique de l'Union Internationale de la Conservation de la Nature, s'emploie à contribuer à l'inclusion des communautés locales dans la conservation des aires protégées à travers le respect des droits humains et la préservation de leurs moyens de subsistance.

Face aux dégâts causés par l’éruption volcanique et aux risques d’autres catastrophes, nous appelons le gouvernement à l’action

La soirée du samedi 22 mai 2021, une éruption volcanique du mont Nyiragongo s'est déclarée en territoire de Nyiragongo, situé près de la ville de Goma en Province du Nord Kivu. Cette catastrophe naturelle a besoin de plusieurs dégâts importants parmi lesquels le déplacement massif de plusieurs habitants de Goma et du territoire de Nyiragongo, la coupure de la route nationale (RN2), dépend de la ville de Goma à Rutshuru, Lubero, Butembo et Beni; l'engloutissement de plusieurs maisons en territoire de Nyiragongo, ... En ce jour, le CREDDHO a pu recenser au moins 28 personnes décédées en territoire de Nyiragongo et en ville de Goma en lien avec l'éruption volcanique.Même si la coulée de la lave s'est arrêtée à la porte de la ville de Goma, les tremblements de terre intenses et réguliers secouent la ville et ses environs jusqu'à présent, faisant crainte de nouveaux dégâts. 

 

L'Observatoire Volcanologique de Goma qui a en sa charge l'étude et l'information sur l'activité éruptive des volcans Nyiragongo et Nyamulagira n'a pas encore annoncé à la population, l'imminence d'une telle catastrophe. Il n'a pas aussi communiqué les mesures pratiques à prendre en cas d'éruption volcanique. Cette absence totale de mesures anticipatives claires et ce déficit de communication du plan de contingence devant prévoir le plan d'évacuation a été à la base de la forte panique visualisée dès l'apparition des flammes du volcan, de la disparition d'enfants, de la séparation des familles et des dizaines d'accidents de circulation.

Le CREDDHO exprime ses vives compassions à l'endroit des habitants du territoire de Nyiragongo et de la ville de Goma qui ont été affectées par l'éruption volcanique de ce 22 mai 2021. Nous invitons en outre la population à la solidarité et au respect scrupuleux des orientations des autorisées competentes. Au vu de l'ampleur des dégâts et de la persistance de l'activité sismique en ville de Goma et ses environs, le CREDDHO invite les autorités nationales et provinciales à:

Évaluer les besoins humanitaires et fournir une assistance d'urgence aux personnes affectées par l'éruption volcanique (les sans abris, les déplacés, les familles séparées,…);

- Mettre en place un Centre d'information permettant à la population de prendre connaissance de l'évolution de la situation, des attitudes positives à prendre et des services offerts aux sinistrés de l'éruption volcanique par différents acteurs étatiques et non étatiques;

Évaluer et renforcer les capacités scientifiques, matérielles et opérationnelles de l'Observatoire Volcanologique de Goma pour rendre cet organisme capable de répondre à la crise actuelle ainsi qu'aux crises volcaniques à venir;

 

Fait à Goma, le 25 mai 2021

Le CREDDHO

Comment l’état de siège au Nord Kivu et en Ituri est-il règlementé ?

Depuis le 06 mai 2021, un état de siège a été proclamé dans les provinces du Nord Kivu et de l'Ituri en vue de faire face aux violences armées qui secouent ces provinces de la République démocratique du Congo. Face à cette mesure exceptionnelle, les populations de ces entités sous état de siège sont partagées entre espoir et inquiétude. Espoir de voir l'engagement manifesté par les autorités nationales à travers l'instauration de l'état de siège rétablir la paix et la sécurité dans ces entités qui connaissent toute sorte d'atrocités depuis des années. Inquiétude que les services de sécurité, qui ont désormais de larges prérogatives, n'abusent pas de cette mesure pour porter davantage atteinte aux droits de l '

Face à ce vide juridique, la question que tout le monde se pose est donc de savoir comment l'état de siège sera règlementé. Ce premier numéro de notre bulletin d'information sur l'état de siège fournit des explications simples des ordonnances prises par le président dans la République dans le cadre de l'état de siège. En effet, en plus des dispositions constitutionnelles régissant substantiellement l'état de siège (articles 85, 61, 144 et 145), le président de la République a pris jusqu'à ce jour, trois ordonnances définissant les mesures pratiques d'implémentation de l 'état de siège dans les deux provinces concernées. Il s'agit de:

1.     L'ordonnance N ° 21/015 du 03 Mai 2021 portant proclamation de l'Etat de siège sur une partie du territoire de la République Démocratique du Congo . Cette ordonnance précise que l'état de siège entre en vigueur dans les provinces du Nord Kivu et Ituri à partir du 06 mai 2021 pour une période de 30 jours, renouvelable conformément à l'article 144 de la constitution. Cette ordonnance prévoit également:

$ 1 -          Le remplacement des gouverneurs de deux provinces en état de siège et des responsables des entités territoriales décentralisées et déconcentrées qui les composent par des officiers militaires et de la police nationale; (Article 2)

$ 1 -          Le transfert des compétences pénales des juridictions civiles aux juridictions militaires; (Article 3)

1 $ -          La levée des immunités et autres privilèges de poursuite pendant l'état de siège; (Article 4)

$ 1 -          L'obligation de ne pas déroger au droit à la vie, à l'interdiction de la torture et traitements similaires, l'interdiction de l'esclavage et de la servitude, le principe de la légalité des infractions et des peines, le droit de la défense et le droit de recours, l'interdiction de l'emprisonnement pour dette ainsi que la liberté de pensée, de conscience et de religion; (Article 4)

2.     L'ordonnance N ° 21/016 du 03 Mai 2021 portant mesures d'application de l'état de siège sur une partie du territoire de la République Démocratique du Congo . Cette ordonnance fixe d'organisation du pouvoir dans les deux provinces et l'étendue des prérogatives renforcées de nouvelles autorités militaires et policières doivent diriger les deux provinces en état de siège ainsi que leurs entités territoriales décentralisées ou déconcentrées. Cette ordonnance prévoit:

$ 1 -          La direction des provinces en état de siège par un gouverneur militaire et un vice-gouverneur policier, nommés tous par le président de la République autant que pour tous les autres responsables des entités territoriales décentralisées / déconcentrées de ces provinces; (Article 1) ;

$ 1 -          La suspension des gouvernements provinciaux et des assemblées provinciales et le transfert de leurs prérogatives aux autorités militaires dirigeant la province; (Articles 1, 2);

1 $ -          La possibilité pour les autorités militaires provinciales de mener des actions bien au-delà de la légalité normale comme faire des perquisitions jour et nuit dans les domiciles, éloigner les représailles de justice et les individus qui n'ont pas leur domicile dans les lieux soumis à état de siège, rechercher et ordonner la remise des armes et des munitions, interdire les publications et les réunions jugées de nature à exciter ou à porter atteinte à l'ordre public, interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et heures fixées, institution des zones de protection où le séjour des personnes est réglementé, interdire le séjour dans tout ou partie de la province à toute personne entravant l'action du pouvoir public,interpeller toute personne impliquée dans les troubles à l'ordre public et la déférer devant les juridictions militaires militaires, etc. (article 4);

$ 1 -          Le transfert des compétences pénales des juridictions civiles aux juridictions militaires pendant l'état de siège (article 6);

3.    Ordonnance N ° 21/018 du 04 Mai 2021 portant nomination des membres des gouvernements provinciaux militaires dans les provinces de l'Ituri et du Nord Kivu. Cette ordonnance dévoile les officiers militaires et de la police devant diriger les provinces sous état de siège. Il s'agit pour l'Ituri du lieutenant-général LUBOYA N'KASHAMA Johnny (Gouverneur) et du commissionnaire divisionnaire ALONGABONY BANGADISO Benjamin (Vice-gouverneur) et pour le Nord Kivu du lieutenant-général NDIMA KONGBA Constant (Gouverneur) et du commissaire divisionnaire EKUKA LIPOPO Romuald (Vice-gouverneur).

La meilleure compréhension de la réglementation de l'état de siège en vigueur au Nord Kivu et en Ituri est un rempart important contre les actes arbitraires et un pilier pour l'exercice des droits fondamentaux pendant ce moment exceptionnel. Elle permet aussi aux populations vivantes dans les zones sous état de siège de prévenir / dénoncer d'éventuels abus de pouvoir de la part des nouvelles autorités militaires et des autres membres de service de sécurité, de s'assurer de la conformité des actes règlementaires prises par elles ainsi qu'accompagner les autorités dans le rétablissement de la paix et la sécurité.